Courantes et métrique binaire : le témoignage de l'oeuvre de Couperin
Bien connue empiriquement, la tendance de la Courante française à jongler avec le principe de l'hémiole - quelque inadéquat que soit le terme - est confirmée exemplairement dans l'oeuvre instrumentale de François Couperin. Ce même corpus révèle que les flottements métriques ne se limitent pas au mélange des mesures de 6/4 et 3/2 mais suggèrent fréquemment des passages au binaire (2/2), où la Courante révèle d'étranges consanguinités avec la Gavotte par exemple. Chez Couperin, ces ambivalences recherchées à la Courante ne renvoient pas seulement à un manièrisme stylistique mais s'explique à l'intérieur d'un mécanisme phraséologique frappé d'une rigueur jusqu'ici négligée et dont les enjeux agagiques relèvent de stratégies parfaitement réglées.
Walter Corten est professeur au conservatoire royal de musique de Bruxelles, chargé de cours à l'université libre de Bruxelles
Numéro : vol.VIII /2