Aperçu des moyens de prévention du risque auditif lié à la pratique de la musique
MEYER-BISCH, Christian. (auteur)
06/06/2008 - 09/09/2008
pp.76-79
MEDECINE ; PATHOLOGIE ; SANTE ; INSTRUMENTISTE ; AUDITION
Un des grands principes de santé publique, quel que soit son domaine d'application, postule qu'il faut privilégier les moyens de prévention collectifs. Ce principe est souvent applicable à l'exposition aux niveaux sonores dangereux rencontrés dans les métiers liés à la pratique musicale, surtout acoustique. On pense bien sûr à limiter les niveaux sonores chaque fois que cela est possible ou la durée d'exposition aux niveaux sonores élevés. De qui, de quoi dépendent ces niveaux sonores ? Est-il toujours possible de limiter la charge sonore imposée à l'oreille ? De nombreux degrés de liberté, matériels ou humains, peuvent être recensés.
Quand la prévention collective est inopérante, il faut recourir aux moyens de protection individuels : dispositifs limitant la charge sonore à laquelle sont soumis musiciens et techniciens. Parmi ceux-ci, citons les mobiliers d'orchestre, les protecteurs individuels, les retours de scène intra-auraux (ears monitors). L'acceptation de ces dispositifs implique qu'ils ne gênent pas les performances artistiques. Souvent, il faut accepter les compromis. Ce qui précède entre dans la définition de la prévention primaire, qui consiste à supprimer ou à atténuer le danger. Il existe aussi une prévention secondaire, concept moins connu, qui consiste à dépister le plus tôt possible des atteintes de la santé avant qu'elles n'entraînent une incapacité. Cette démarche doit absolument se développer dans le monde de la pratique et de l'enseignement de la musique.
Quand l'incapacité apparaît, il reste à mettre en oeuvre les moyens de la prévention tertiaire, qui consistent à atténuer, dans le propos qui est développé ici, les effets d'une atteinte auditive plus ou moins incapacitante. De nombreux moyens existent, allant jusqu'à l'apprentissage auditif, qui empêche l'incapacité de devenir un handicap.
Numéro : 64-65