Le rationalisme mystique d'Arnold Schoenberg : une relecture du Traité d'harmonie
Le Traité d'harmonie d'Arnold Schoenberg se fonde sur une foi quasi mystique en une loi naturelle, la série des harmoniques. Il en résulte plusieurs aberrations. En ce qui concerne la doublure des notes des accords, Schoenberg adopte un point de vue que l'usage des maîtres contredit. Il interdit à l'étudiant des enchaînements pratiqués par Mozart, Beethoven, Weber, Wagner, etc., sous prétexte que 'des exercices d'harmonie ne sont pas des oeuvres d'art'. Sa discussion de la sixte augmentée est inexacte et manifeste une confusion avec la septième diminuée. Enfin, un commentaire à propos du fait que le deuxième thème de la troisième Symphonie de Brahms est dans le ton de la médiante, plutôt que celui de la dominante, montre une incapacité à percevoir certains fonctionnements essentiels de la tonalité, en l'occurence le processus d'autoréglage, le principe d'homéostasie qui est à l'oeuvre.
Numéro : Vol.VI, n°3-4