Une expérimentation portant sur la reconnaissance des émotions dans la parole et dans le chant pour deux populations de sujets (amateurs et non-amateurs d'opéra), à partir de tests de perception visuelle, auditive et audiovisuelle, a permis d'évaluer le rôle respectif de la voix et de la mimique dans l'identification des émotions produites par une chanteuse professionnelle et de savoir comment le spectateur les décode.
Quel que soit le support utilisé, les émotions exprimées dans la parole sont mieux identifiées que celles exprimées dans le chant. Si l'image constitue un support de choix, le son en revanche véhicule assez mal les informations relatives aux émotions. Quant au son associé à l'image, il permet d'améliorer légèrement la reconnaissance des émotions dans la parole mais ne s'avère pas très efficace dans le chant où les indices acoustiques des émotions, partiellement détruits, ne peuvent de ce fait apporter d'informations complémentaires.
Dans le chant, le décodage des émotions semble se faire selon des stratégies identiques à celles utilisées pour la parole : l'attention se focalise sur le haut du visage pour identifier la peur et la colère et sur le bas du visage pour identifier la joie et la tristesse. En outre, l'identification des émotions ou l'évaluation de leur intensité est influencée par des phénomènes de parasitages liés à leurs conditions extrèmes de production. Ainsi, par exemple, l'ouverture buccale joue un rôle sur l'évaluation de l'intensité des émotions qui sont jugées plus fortes lorsque la bouche est grande ouverte (dans l'aigu) que lorsqu'elle est entrouverte (dans le grave). De même, le fait que dans l'inconscient collectif la joie soit associée au registre aigu et la tristesse au registre grave a une incidence sur la reconnaissance de ces émotions dans les registres extrèmes.
Alors que dans la parole la reconnaissance des émotions n'est soumise à aucune contrainte liée à la production, dans le chant ces contraintes sont très importantes et se manifestent au niveau du visage par des mimiques non expressives qui viennent interférer avec l'expression des émotions ; de ce fait, les émotions ne sont correctement identifiées que lorsque mimique fonctionnelle et mimique expressive sont compatibles. Dans les autres cas, c'est toujours la mimique fonctionnelle qui prend le pas sur la mimique expressive car, même lorsqu'il est un excellent comédien, le chanteur d'opéra ne peut pas prendre le risque de mettre en péril la qualité du son qu'il émet au profit de l'expression d'une émotion ou d'un sentiment.
[-]
Une expérimentation portant sur la reconnaissance des émotions dans la parole et dans le chant pour deux populations de sujets (amateurs et non-amateurs d'opéra), à partir de tests de perception visuelle, auditive et audiovisuelle, a permis d'évaluer le rôle respectif de la voix et de la mimique dans l'identification des émotions produites par une chanteuse professionnelle et de savoir comment le spectateur les décode.
Quel que soit le support ...
[+]